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la course aux pixels


La course aux pixels

obeseBeaucoup de nos amis sont devenus photographes dès lors que le numérique a quelque peu effacé le côté mystérieux de la photographie. Jusqu'alors, peu de gens faisaient connaisance avec ce qu'est le négatif, son traitement et ses limites. Tout était simple, on changeait de film selon les besoins, les optiques standard suffisaient dans la majorité des cas de figure, on donnait le boulot à faire à un labo et on dépassait rarement le A4. Seuls les très grands tirages impliquaient les optiques de "haut vol" et des films à la hauteur de la tâche. C'était le lot des pros ou de quelques grands amateurs.

Les choses ont bien changé et tout un chacun peut passer ses images à la loupe et en relever les défauts et insuffisances, mais aussi les retravailler dans certaines limites, ce qui n'a pas peu contribué au succès des APN. L'attente est réduite quasiment à rien et les coûts de traitement ont suivi la même pente, même si l'informatique devenue indispensable ne représente pas un investissement négligeable. Mais relativisons : avec un pc ou un mac on fait aussi beaucoup d'autres choses que traiter des images.

A l'époque de notre moyen âge photographique, plus précisément durant l'avant numérique il ne serait venu à personne l'idée de reproduire des documents à l'aide d'une 400 iso et du bon vieux 50 fourni avec le boitier. Chacun savait que pour ce genre de travail il nous fallait au minimum la résolution d'une "25" et dégoter un bon "macro" pour aller avec, le tout fixé - vu la faible sensibilité - sur un pied à défaut d'un statif ou d'une colonne d'agrandisseur. De même que couvrir en lieu éclairé un match de foot avec une agfapan 25 dans la boite nous aurait fait prendre pour des fous.

Aujourd'hui, la course aux pixels a tendance à faire oublier un certain nombre de principes incontournables, et si le numérique arrive à imiter la photo, celle des hautes sensibilités mariées aux hautes résolutions reste à inventer à l'aide d'autres surfaces sensibles qui restent aujourd'hui du domaine de la recherche.

Pas de mystère, un petit photosite, tout comme un petit grain d'argent, ne reçoit pas beaucoup de lumière et il nous faut amplifier le signal reçu pour prétendre à des temps de pause "confortables". Et ce ne sont pas les limites des capteurs actuels, ni leur traitement informatique, qui suffiront à couvrir les impatiences des adeptes des paysages de nuit sans lune pris au 125emme. Les résolutions annoncées par certains nous rapprochent sérieusement d'une forme d'imagerie scientifique bien inutile pour ce que la majorité d'entre-nous compte faire.

Evidement une grande quantité de pixels issus d'un Full-Frame nous rapproche sérieusement du moyen format, avec en prime, l'ergonomie du reflex dont la prise en mains nous est familière. Mais les définitions énormes à en attendre soulèvent la question du volume à stocker au vol, celle des cadences de tir qui en découlent et rendent difficile une utilisation sportive des boitiers. Et puis les capacités des optiques à détailler tout ça...  et enfin repousse encore le manque de dynamique chronique de nos actuels imageurs.

Et ce n'est pas sans raison que beaucoup de pros ont pris le parti d'user des deux techniques en fonction de leurs besoins et/ou des exigences de leurs clients. Il serait trompeur d'y voir le retour des dinosaures mais plutôt une réactivité réaliste et intelligente de leur part.

Un jour nous rirons des imperfections de nos APN et de la nécessité d'user de tout un arsenal de logiciels destinés à redresser ce qui ne va pas (ou qui nous semble ne pas aller) et seuls subsisteront nos soucis en matière de sauvegarde/conservation et cela suffira bien assez à nous occuper.

 

 
image aléatoire
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